Yashyizweho kuri 13 March, 2019 | 12:01

Les enseignants belges prêts à incorporer le génocide contre les tutsi dans leur curriculum

Après une semaine d’échanges avec leurs collègues rwandais, de discussion avec les élèves des écoles secondaires et de visites aux sites mémoriaux, les enseignants belges ont eu à découvrir d’autres réalités du génocide qu’ils ignoraient jusqu’alors. Une occasion d’apprendre aussi comment incorporer le génocide contre les tutsi dans le curriculum d’enseignement belge.

Dans les cours d’histoire en Belgique, il n’y a pas de guide des enseignants sur le génocide perpétré contre les Tutsis en 1994 au Rwanda. Les enseignants n’avaient pas de détails sur ce génocide, ils n’enseignaient rien d’autre que la colonisation sur le Rwanda en particulier et en Afrique en général. Certains n’avaient même rien de tangible à dire à leurs élèves pendant les cours (à propos du génocide contre les tutsi Ndlr). D’où, un motif pour la Fédération Wallonie Bruxelles en partenariat avec RCN Justice & Démocratie, de financer une visite de quelques uns d’entre eux, « pour apprendre sur terrain en échangeant avec leurs collègues rwandais, des bonnes pratiques et méthodologies, avant d’incorporer cette matière dans leur curriculum », dit un d’eux.

Après une semaine des échanges avec enseignants et élèves rwandais, les visites des sites mémoriaux, les enseignants belges se réjouissent de l’information recueillie à propos du génocide perpétré contre les Tutsis en 1994. « Un bon moment de réfléchir et de recueillir les détails leur permettant à approcher la question du génocide d’une façon plus nuancée », se félicitent-ils.

Cécile Schaack ne cache pas l’importance de la visite pour sa carrière : «Sur les sites mémoriaux on y voit non seulement une dimension humaine; car ce sont des lieux où il ya des tombes, des lieux de recueillements, des lieux qui sont importants pour les survivants pour venir être en communion avec ceux qui sont morts (...) mais aussi une autre dimension pédagogique consistant à la communication et à la volonté de transmettre quelque chose sur ce qui s’est passé. »

La visite a ouvert leurs yeux surtout dans la façon dont ils enseignaient l’histoire concernant l’Afrique. « Nous sommes très outillés pour aborder cette question du génocide en classes et même dans nos villages » témoigne l’un des six enseignants.

Expérience à imiter

Au Rwanda les enseignants sont obligés de parler sur le génocide dans tous les cours qu’ils enseignent. « Le mot génocide est transversal que ça soit en maths, en religion, etc. Le professeur doit chercher comment l’insérer dans ces cours en parlant des bonnes mœurs pour un bon citoyen, l’amour et la paix» dit Valérie Ndayambaje, enseignants à l’Ecole Notre Dame de la Providence de Karubanda.
Pour la Commission Nationale de Lutte Contre le Génocide(CNLG), « dans les écoles, la mention du nom génocide est important pour initier les valeurs de la paix entre les rwandais », explique Dr. Diogène Bideri de la CNLG.

Une telle approche permet de former un citoyen responsable, actif, critique et solidaire, en commençant par les jeunes, qui sont majoritaires dans les écoles.
Philippe Rennette, Donatienne, Isabelle Bourlet et Cecil Schaack qui faisaient partie de la visite sont tous unanimes: « Ce serait stupide de ne pas évoquer en Belgique le génocide perpétré contre les Tutsis dans les cours car on le fait aussi pour les autres génocides antérieures ».

Les six enseignants belges ont effectué une visite au Rwanda du 02 au 09 Mars 2019. Ils ont échangé avec les enseignants et les élèves de l’Ecole Notre Dame de la Providence de Karubanda, du Groupe Scolaire Officiel de Butare et de l’Ecole Regina Pacis de Tumba. Ils ont aussi eu à visiter les trois sites mémoriaux ; Murambi au Sud Ouest du Rwanda, Ntarama au Sud Est et le site mémorial de Kigali.

Sosthène Musonera


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