Yashyizweho kuri 16 May, 2019 | 07:50

Gitoki : Fuite et prison aux géniteurs des enfants issus des mineures

Les géniteurs des enfants issus des mères adolescentes du secteur administratif de Gitoki de la Province de l’Est sont poursuivis par les autorités. Certains prennent fuite d’autres sont incarcérés. Sur les 60 cas de grossesses révélés l’an passé, seuls 11 présumés géniteurs sont devant les barreaux.

Les autorités du secteur administratif de Gitoki sont aux aguets à tout responsable d’une grossesse chez une mineure. La loi en reste très sévère, car quiconque est jugé coupable de cette infraction purge une peine d’emprisonnement d’entre 20 et 25 ans. C’est la raison de l’évasion de plusieurs présumés géniteurs dans ce secteur comme le prétend dire Josiane qui fut mère à 17 ans. "A présent, le secteur de Gitoki recense au moins 60 jeunes filles mères dont 32 ont refusé de révéler l’identité des pères de leurs enfants", a critiqué le secrétaire du secteur de Gitoki, M. John Mushumba qui a montré que seuls 11 présumés géniteurs sont devant les barreaux alors que 17 ont pris fuite, craignant la lourdeur de la disposition de la loi.

Ententes familiales à risques

Josiane qui ne voulait pas dénoncer le père de son enfant, en paie maintenant les conséquences. «Le père de mon enfant s’est enfui pour ne pas être emprisonné. Après un certain de temps, il a été emprisonné pour une durée d’une année. Depuis lors, il ne m’assiste pas et son enfant baigne dans la misère… Il pense que c’est moi qui l’ai fait subir cette peine. Je ne connais pas à quel saint se vouer pour sortir de cette situation de pauvreté accrue », regrette-t-elle. Même sort à Ancile, mère à 19 ans. Elle raconte son amertume d’être mère précoce. « Après mon accouchement, le père du bébé a disparu ! Les autorités m’ont obligée de le dénoncer ; ce qui lui a valu un emprisonnement. A sa sortie de la prison, il a refusé toute assistance à son enfant, parce qu’il me jugeait de responsable dans cette affaire", explique Ancile qui privilégie l’entente entre les deux familles au lieu de traduire le père de son enfant devant la justice. « Plusieurs familles préfèrent le choix d’attente à la place de la loi. Nous conseillons toujours les mineures de révéler toujours leurs violeurs en vue de briser complètement cette culture d’arrangement entre familles au détriment des droits des victimes mineures et de leurs enfants", rétorque Mushumba John qui montre que les enfants qui naissent dans cette circonstance sont privés de leur droit de paternité, ce qui est inacceptable de la part de l’administration. "Garder secret d’un violeur, c’est encourager le viol et ses farouches conséquences", a-t-il tempêté devant une foule.

Responsabilités partagées

Lors de ce débat communautaire radiodiffusé depuis le secteur de Gitoki le 7 mai dernier par PAX PRESS, les jeunes filles pauvres ont montré qu’elles sont moins hésitantes devant les sollicitations des hommes pourvus. "Ces hommes nous donnent des cadeaux et plus tard, nous en payons le prix...Nous tombons enceintes et ils nous abandonnent…", ont expliqué à tour de rôle, deux jeunes filles-mères qui s’étaient rendues à Kigali à la quête du travail. Une année après, toutes étaient tombées enceintes ! Celles-ci remettent la question sur leurs parents qui ne leur donnent pas tout ce qu’elles ont besoin en vue de résister à la ruse des prédateurs masculins.

Les parents ont rejeté cette accusation, mettant plutôt la balle dans le camp des jeunes qui ne supportent pas le mode de vie de leurs familles. Le quadragénaire Horere Léonidas trouve que les filles n’acceptent pas la vie de pauvreté de leurs familles. Elles veulent mener une vie facile avec libertinage. "Elles sont incorrigibles et résistent toujours aux conseilles des parents… Elles veulent de bons habits et des Smartphones", a-t-il montré. Toutefois, certains parents on avoué leur faiblesse dans l’éducation de leurs enfants.
Sara Mukangango une mère de ce secteur de Gitoki affirme qu’il est difficile de parler à ses enfants de la santé de la reproduction. « On ne sait pas par où commencer pour parler aux jeunes de la sexualité. C’est vraiment difficile de s’exprimer sur des propos tabous », montre ainsi Mukangango qui pointe du doigt les nouvelles Technologie d’Information et de Communication (TIC) qui facilitent l’accès facile aux informations et images en rapports avec la sexualité. « C’est delà qu’ils se donnent inlassablement aux rapports sexuels non protégés… »

Pour Mushumba, secrétaire Exécutif du secteur de Gitoki, «Il est grand temps d’en parler à ses enfants pour éviter les grossesses non désirées. Les parents sont priés de jouer leur rôle », a-t-il conseillé.

Niwejambo Bertrand


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