Yashyizweho kuri 14 March, 2017 | 08:01

La maigre récolte, un frein au remboursement des crédits des fertilisants

Les paysans du secteur administratif de Ruramba à Nyaruguru au Sud, s’opposent à rembourser les frais sur la chaux qu’ils ont reçue par crédit par le Ministère de l’Agriculture (MINAGRI). La raison en est que la récolte a été trop maigre suite à la sécheresse. Les autorités rétorquent qu’il n’en est pas question, car la chaux peut servir d’engrais pour plusieurs saisons culturales.

″Le secteur administratif de Ruramba connaît une pénurie alimentaire depuis août dernier. La sécheresse qui s’y est abattue, a tout gâché : Il n’ya plus de vivres, la population connaît une disette et par conséquent, elle est incapable de restituer les frais sur la chaux qu’elle avait reçue pour fertiliser les champs″, montre Marcelline Nyinawumuntu qui estime qu’environ 85% des familles de sa cellule administrative de Rugogwe manquent cruellement de vivres. Elle faisait réplique aux propos des autorités locales dont l’agronome qui sous estimait les réclamations assurant qu’il y avait tout simplement la diminution de vivres et jamais la disette.

Unanimes, les paysans réclament auprès du MINAGRI l’exonération totale de leurs dettes, car disent-ils, ″Nous n’avons plus de moyens pour payer la chaux que nous avons contractée à crédit. La sécheresse qui s’était annoncée au Rwanda juin 2016 à janvier 2017 ne nous a pas permis d’avoir une quelconque récolte″, atteste Béatrice Bariyoberanya, mère de quatre enfants qui montre que les rares denrées alimentaires disponibles sont devenues trop chères. ″Un panier de patate douce revient à 6 000 FRW (7$), alors que dans trois mois, il ne coûtait que 2000 FRW (2,3$) ″, a-t-elle présenté, l’incapacité des paysans à rembourser.

Les autorités locales objectent les doléances des paysans pour le fait que la chaux reste un fertilisant qui peut servir pour trois saisons culturales, et de ce fait, une seule saison culturale dont la récolte est médiocre n’assure jamais les prérogatives d’exonération. ″Le MINAGRI, à travers son programme de distribution d’engrais au prix accessible pour accroître la production agricole (Nkunganire program), a donné de la chaux à la population au prix de 32 FRW par Kg (0,038$) alors que le prix réel est de 64 FRW (0,076 $). On ne voit pas pourquoi le ministère exonérerait encore les dettes des paysans, alors que le prix est revu au plus bas prix″, tempête l’agronome Eliane Mukafurere.

Rurangira Evariste Secrétaire Exécutif de la cellule Rugogwe vogue dans le même sens pour évoquer un grand nombre d’agriculteurs en besoin de la chaux et que l’octroi d’engrais doit être continuel sous condition que tout le monde paye sa dette. ″Si le ministère exonérait les dettes des agriculteurs, il ne serait pas en mesure d’assurer l’octroi d’engrais à plusieurs demandeurs. Il faut alors payer″, a-t-il ajouté. Ce dernier avoue qu’au mois d’octobre 2016, MINAGRI avait donné des vivres aux familles frappées par la pénurie alimentaire. ″Chaque membre de famille avait droit à 2 kg de maïs″, a-t-il précisé.

Alors que les agriculteurs parlent de la disette dans la localité de Ruramba, les autorités, quant à elles, nuancent le fait pour parler de la rareté de vivres. Lors d’un débat radiodiffusé organisé par Pax Press, début mars, réunissant la population à ses dirigeants sur les différents programmes de développement, la foule criait sans cesse l’état des lieux d’une disette qui sévit dans toutes les familles. ″A chaque prise de parole, il y avait une personne qui dénonçait la disette, contrairement aux autorités qui ne voulaient pas entendre parler de cela″, observe Karangwa, enseignant.

En Août 2016, dans une conférence de presse, le Maire du district Nyaruguru a nié catégoriquement qu’il n’y a pas de disette dans son district avançant pourtant sa préoccupation comme quoi si le soleil perdurait sa population serait en danger. "S’il ya ceux qui ont faim, les cas seraient isolés et non applicabale à tel ou tel autre secteur ni à tout le district", a rapporté www.igihe.com, un site d’information rwandais.

Abondant dans le même sens, au mois de Juillet 2016, Gérardine Mukeshimana Ministre de l’Agriculture et des Ressources Animales, avait nié qu’il n’y a pas de disette au Rwanda. Elle soutenait que les aléas climatiques avaient perturbé les semences, mais sans pour autant tomber dans la crise d’une disette.

Safari Byuma


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