Yashyizweho kuri 24 October, 2017 | 15:38

AJPRODHO soulève la question des droits des jeunes domestiques

L’Association de la Jeunesse pour la promotion des droits de l’homme et de développement (AJPRODHO-JIJUKIRWA) montre, à travers une étude, que les droits des jeunes déployés dans le secteur informel sont le plus souvent bafoués. Elle sollicite à cet effet, le gouvernement rwandais de ratifier la convention internationale 189 de l’OIT relative aux droits des domestiques.

AJPRODHO a mené une étude articulée sur les droits des jeunes déployés dans le secteur informel, plus essentiellement sur les jeunes domestiques au Rwanda. L’étude a montré que les droits de ces jeunes dont l’âge est compris entre 15 et 30 ans ne sont pas respectés par leurs employeurs. Force est de montrer que la législation rwandaise en reste muette notamment sur le chapitre des droits des jeunes qui œuvrent dans le secteur informel.

Dans une réunion tenue ce 20 octobre 2017 à Classic Hotel de Kigali, AJPRODHO a rassemblé une trentaine d’organisations non gouvernementales (ONG) pour débattre ce problème des jeunes travailleurs mais qui ne sont régis par aucune loi.
A l’unisson, les participants ont examiné plusieurs paramètres qui expliqueraient cette absence de loi. Businge Anthony, Secrétaire Exécutif d’AJPRODHO, a rappelé que le Rwanda, malgré qu’il n’a pas encore ratifié la convention 189 de l’Organisation International du Travail (OIT) relative au travail décent des domestiques, quelques bonnes initiatives des droits des travailleurs méritent d’être soulignées, lesquelles prouvent que le pays est sur la bonne piste dans la mise en application des normes exigées par l’OIT. "Une bonne nouvelle : d’ici fin décembre, le Rwanda aura établi le SMG (Salaire Minimum Garanti), car celui qui est en exercice date de 1974", ont confié les participants dans la réunion. Ceux-ci ont démontré que les domestiques auront alors un salaire plus ou moins acceptable, car il sera garanti par la loi.

Quid de la définition du secteur privé

Les participants ont montré qu’au Rwanda, les deux secteurs : formel et informel sont confondus. La loi en vigueur relative aux droits des travailleurs précise bien qu’elle concerne le secteur formel. "Une famille qui a une petite boutique au quartier qui paie chaque année la patente et autres taxes exigées par les entités administratives de base, n’est-elle pas considérée comme une activité qui rentre dans le cadre du secteur formel ?", interroge Nyinawumuntu Clémentine, activiste des droits de l’homme. Elle montre qu’il faudra un peu plus du temps pour étudier en profondeur comment promouvoir les droits des domestiques vu les revenus des Rwandais limités."Je pense que le gouvernement rwandais a hésité à ratifier cette convention, parce qu’il y a plusieurs paramètrent à observer. Imaginez-vous si un domestique doit avoir un salaire minimal connu en plus d’autres exigence de l’Etat comme payer des taxes et être enrôlé à la caisse sociale. Combien de Rwandais en sont capables de supporter cette charge ? Je trouve que si cette loi est ratifiée par le Rwanda, carrément, plusieurs milliers de jeunes domestiques seront des chômeurs. Les domestiques perdront directement leurs emplois", a révélé PPY, syndicaliste de Kigali.

Cette étude a montré que les domestiques ne sont pas considérés et ne reçoivent aucune dignité surtout de la part de leurs maîtres et maîtresses. "Il travaille 16 heures par jours, ils sont insultés et certaines filles sont sujettes de violences sexuelles", ont dévoilé les domestiques au seuil de 90%.
Une des recommandations motrices émise par les participants, est le plaidoyer en faveur des jeunes qui n’ont pas l’âge de majorité pour travailler, mais alors qui exercent un métier dur. C’est pour cela que les ONG ont salué les efforts du gouvernement rwandais pour la redéfinition du SMG et la ratification de la convention 189 de l’OIT.

Safari Byuma Alphonse


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