Yashyizweho kuri 16 May, 2018 | 12:06

Agriculture: Bonne semence, bonne récolte

Une étude sur la perception des agriculteurs rwandais sur les effets du programme national de consolidation des terres arables montre qu’ils en restent satisfaits au seuil de 86%. Cependant, ils demandent des semences sélectionnées plus résistantes aux aléas climatiques en vue d’augmenter la production

L’institut de Recherche pour le Dialogue et la Paix (IRDP) a mené une étude en 2017 axée sur la perception des agriculteurs rwandais sur les effets du programme national de consolidation des terres arables au Rwanda. Plus de 86% des enquêtés ont affirmé leur satisfaction vis-à-vis à ce programme. Cette strate s’est exprimée aussi sur les nouvelles stratégies à adopter en vue de rendre ce programme agricole plus effectif et productif dans tous les districts administratif du pays. Elle a recommandé des semences améliorées qui doivent être données aux agriculteurs au moment favorable, car tout retard enregistré a eu des répercussions négatives à la production. Les agriculteurs s’en sont exprimés à l’occasion d’un atelier de réflexion sur le programme national de consolidation des terres arables, organisé par IRDP.

Les invités dont certains agriculteurs venus dans tous les coins du pays, ont salué le travail des chercheurs de l’IRDP. Ils ont montré les défis qui entravent encore ce programme de consolidation des terres au Rwanda. La distribution des semences améliorées pour une grande production a été le centre d’intérêt des invités. Les agriculteurs ont clairement montré que les semences améliorées n’arrivent pas souvent au moment favorable. "Nous sommes agacés par la venue en retard des semences améliorées. Nous préparons les terrains, mais alors, les semences n’arrivent pas à temps", a dénoncé un agriculteur de Nyamasheke dans une vidéo d’IRDP. Même son cloche pour Joseph Gafaranga, agriculteur dans le district administratif de Musanze au Nord du Rwanda. "On ne peut pas espérer à une grande production lorsque la semence n’arrive pas à bonne échéance", critique-t-il.

Le Dr Venuste Bizimana qui a fait partie de l’équipe des chercheurs de l’IRDP est allé dans le même aspect que ces précédents intervenants. Il a montré que le programme de consolidation des terres arables suivant les potentialités et la spécificité des terres dans chaque district qui compose le pays, cours toujours plusieurs défis. C’est pourquoi, a-t-il dit, "Nous avons besoins des recommandations susceptibles d’améliorer ce programme ".

Selon le Prof Pierre Rwanyindo, " Une bonne semence est la base d’une bonne récolte. C’est la philosophie de l’agriculture moderne". C’est pourquoi, les centres qui sélectionnent et distribuent les semences doivent travailler avec zèle et souci de les distribuer à temps voulu."

Quid d’augmentation de la production

Une critique a été lancée au camp des gouvernements locaux décentralisés (districts administratifs) qui, à travers la politique nationale de consolidation des terres arables, ils envisagent d’augmenter les aires arables en espérant que la production agricole augmenterait en revanche. Cela a été un grand débat entre chercheurs et invités ! Le témoignage de Joseph Gafaranga, agriculteur professionnel y a apporté lumière. "Les dirigeants parient à travers les contrats de performance-Imihigo d’augmenter les aires cultivables croyant que la production va augmenter automatiquement. Ici et là dans le pays, on remarque de vastes étendues de champs de maïs qui ne reflètent pas absolument une augmentation de la production", dénonce-t-il. Pour lui, la bonne chose à faire est de parier l’augmentation de la production sur des petites d’aires. Autrement dit, il faut penser à une agriculture intensive avec grand rendement.

Gafaranga a en outre, demandé au Ministère de l’Agriculture et les institutions publiques engrangées dans le secteur agricole comme l’Office Rwandais d’Agriculture (Rwanda Agriculture Board –RAB) de mener des études minutieuses dans les districts en vue de déterminer avec précision, les cultures spécifiques qui doivent y être cultivées. "Les agriculteurs ont besoin d’accompagnement. Certains n’ont pas encore compris que le mélange d’engrais organiques et chimiques a un grand rendement que la fertilisation du sol par les engrais chimiques seulement", a rappelé Gafaranga qui veut à tout prix, d’une bonne semence au moment voulu.
Les scientifiques rwandais ont approuvé cette demande. "Nous connaissons que le sol rwandais devient de plus en plus acide. La meilleure réplique à ce problème est l’apport des engrais organiques, car ceux chimiques acidifient d’avantage le sol", a complété le Dr Dr Venuste Bizimana.

Le programme national de consolidation des terres arables au Rwanda a été initié pour éradiquer les disettes intermittentes qui sévissaient dans certaines parties du pays. Depuis 2006, avec l’introduction des contrats de performance-Imihigo dans le système de gouvernance au Rwanda (politique de décentralisation et de démocratisation des gouvernements locaux), ces disettes ont progressivement été contrôlées.

Adronis Mbazumutima


Tanga igitecyerezo

Who are you?